Textes autour du fil

George Sand

 

Publicités

Trucs et Astuces

  • Coupez le tissu en laissant une marge de 2,5cm par rapport à la taille de l’ouvrage, voire plus si vous désirez le fixer sur un tambour.
  • Faufilez ou fixez les bords ^pour éviter qu’ils ne s’effilochent.
  • Réalisez toujours un échantillon pour bien choisir vos fils et vos aiguilles.
  • Tracez les lignes médianes et les laissez en place jusqu’à la fin du travail.
  • Prenez des aiguillées ne faisant pas plus de 45cm et ne jamais commencer par un nœud, ;pliez votre aiguillée en deux, passez les extrémités dans le chat de l’aiguille et à l’envers passez dans la boucle.
  • Commencez au centre pour ne pas vous tromper en comptant les fils.
  • Finissez un type de point avant de commencer un autre.
  • Faites d’abord les points de croix avant d’ajouter les détails et les bordures réalisés en d’autres points ou avec des fils plus fins.
  • Veillez à ce que toutes vos croix soit dans le même sens.
  • Une fois l’ouvrage terminé, utilisez un récipient assez grand pour laver la broderie à plat. Faites couler de l’eau tiède et versez un peu de savon doux ou un shampoing spécial mais jamais de détergent. Rincez plusieurs fois. Posez la broderie sur une serviette éponge pour absorber l’eau.
  • Repassez-la légèrement humide en posant l’ouvrage côté endroit sur une serviette de toilette pour ne pas écrasez les points.
  • Les broderies peuvent être encadrées avec ou sans verre. Le cadre doit être profond pour que le verre ne touche pas l’ouvrage. Le carton de montage ne doit pas avoir été traité à l’acide. Le cadre doit être étanche pour éviter la condensation.

Histoire du Boutis

Deux pièces de coton ou de soie superposées cousues à la main par un point avant en suivant le tracé de motifs qui sont ensuite rembourrés avec de la mèche de coton pour donner un ouvrage complètement réversible, tels est le secret du boutis.

Tout a commencé avec le matelassage, technique connue dés l’antiquité sur tous les continents.

Les pièces les plus anciennes ont été découvertes au XIVème siècle. (1395 pour le plus ancien trouvé à ce jour qui illustre l’histoire de Tristan et Yseult).

Traditionnellement fabriqué en Provence, le boutis a des racines siciliennes.

On peut retracer sa naissance vers 1470/1480 avec l’arrivée à Marseille des cargaisons de coton et autres produits d’Orients dans les bateaux de la compagnie des Indes. Le succès de ces étoffes est tel qu’elles circulent dans toute la Provence. Les femmes séduites par la légèreté de cette nouvelle fibre et les motifs colorés ne veulent plus de tissus lourds.

Les riches négociants marseillais, voulant élargir le savoir faire de leurs ateliers textiles recrutent alors des talentueuses brodeuses siciliennes.

C’est au XVIIème siècle que le boutis prend tout son essor. Grâce à leur imagination et à partir de ces tissus blancs, ces dames ont su créer une nouvelle façon de broder. C’est ainsi qu’est né le boutis ou broderie de Marseille.

En 1680 les ateliers occupent près de 6.000 femmes pour une production de 40 à 50.000 pièces de toiles par an. L’essentiel de la production part alors pour l’Angleterre, les Pays-Bas, le Portugal et l’Espagne.

Les ouvrières provençales créèrent un véritable art avec tout un langage symbolique. Le cœur y représente l’amour, l’ananas signifie l’hospitalité, la fleur, la beauté.

Au XVIIIème, le succès de ces étoffes est tel que les drapiers de Lyon prennent ombrage de cette concurrence. C’est alors que la fabrication et l’exportation des boutis sont frappées d’interdiction royale, ce qui entraîne la disparition des ateliers. Les provençales continuèrent cependant à réaliser des boutis pour leur usage personnel permettant à la technique de survivre.

Elles confectionnent des couvre-pieds pour le lit, des vêtements tels que brassières, jupons…

Chaque jeune fille réalise pour son trousseau l’incontournable jupon en boutis où sont brodés tous les bonheurs attendus. Pour le nouveau né, l’objet incontournable est le « petassoun », pièce carrée qui protégeait les vêtements de la personne qui portait l’enfant.

L’industrialisation, puis l’affaiblissement de la production textile méridionale mis fin à la pratique de cet art qui se réalisait à la main.

Le boutis reprend vie depuis quelques années. pour nous laisser découvrir de merveilleux ouvrages finement travaillés et dont la transparence et le relief ne cesse de nous étonner.

Dans le langage provençal « boutis » désigne l’aiguille à bout rond grâce à laquelle on introduit le coton dans les motifs. Par extension cela désigne l’ouvrage réalisé par la brodeuse avec cet outil.

Histoire de la Broderie

La broderie existe depuis la nuit des temps…

La bible, plus précisément l’Ancien Testament, fait référence au lin et à la soie. La mythologie aussi avec l’histoire de Pénélope attendant le retour de son époux Ulysse, faisant et défaisant inlassablement sa tapisserie…

Une pièce de broderie Copte est découverte en Egypte dans une tombe datée de 400 – 500 ap. J.C, représentant les premiers motifs religieux faits en points de reprise et en fils de soie.

Cependant, l’histoire de cet art est difficile à reconstituer avant le VIème siècle ap. J-C.

C’est au moyen âge que commence la véritable histoire du point de croix.

La broderie médiévale la plus célèbre est la tapisserie de Bayeux (d’un point technique, il s’agit d’une broderie et non d’une tapisserie) réalisée au cours du 11ème siècle. Il est prouvé qu’entre le Xème et le XIIIème siècle, les châtelaines dans leurs attentes, copiaient aux points de croix les motifs des tapis que leurs époux, entre deux croisades, ramenaient d’Orient.

Par le biais des échanges commerciaux entre l’Orient et l’Occident, la broderie a traversé les continents et chaque culture a réinventé et enrichi la technique.

A l’époque de la Renaissance, le point de croix se répand dans toute l’Europe et devient une des bases de l’éducation féminine, favorisée par l’Eglise, grande consommatrice pour ses propres ornements, de broderies en tous genres.

C’est alors que naît le sampler ou marquoir, un morceau de tissu sur lequel les jeunes filles s’exercent à broder des grecques, des fleurs et des symboles religieux.

Le plus souvent en lin, ils sont brodés avec des fils de soie ou de laine, ton sur ton, le coton étant encore très rare en Europe et les couleurs très peu nombreuses dans le commerce.

En 1500 commencent à circuler les premiers schémas imprimés.

Du XV ème au XVIII ème siècle, la broderie a pris le nom de peinture à l’aiguille,

en Europe, elle prospère comme un art populaire et sert à la décoration du linge de maison.

Au XVIIème siècle, éclate la « révolution rouge », provoquée par l’arrivée en Europe, de nouveaux colorants naturels qui permettent de teindre les fils en rouge. Toutes les broderies aux points de croix deviennent alors rouges sur fond blanc.

Les femmes commencent à apprendre à écrire et le marquoir, avec un, deux, trois, jusqu’à six alphabets différents, est une manière de s’exercer. Le marquoir commence à prendre une forme de tableau.

Le XIXème siècle a marqué l’apogée du point de croix. Les grands progrès accomplis par la technique de l’impression et du développement de l’industrie textile, ont permis de satisfaire une demande croissante de diagrammes et modèles : ainsi, en 1840, on en a publié au moins quatorze mille. Les fils sont devenus plus disponibles dans un grand nombre de couleurs et aux tissus habituels se sont ajoutés le coton et l’étamine.

En 1886, Thérèse de Dillmont, célèbre brodeuse s’associe à Jean Dollfus, grand industriel du textile. Ils fondent la maison DMC arrivée intacte jusqu’à nous.

Au cours des premières décennies du XXème siècle, le point de croix amorce un déclin. Seules les écolières continuent à l’apprendre et à le pratiquer.

Ensuite la femme s’est s’engage dans les grandes luttes du siècle ; elle n’a plus le temps ni l’envie de broder.

Bien que la pratique de la broderie soit devenue de plus en plus rare au cours de notre siècle, au début des années 80, ce loisir a subitement connu un regain de popularité. Le goût et la passion pour la technique du point de croix sont revenus dans la vieille Europe, par le biais de l’Amérique du Nord, où les descendantes des pionniers ont su rendre fraîcheur et inventivité à la tradition de leurs ancêtres.